Il est rare que le tuba sorte tout seul. On le voit généralement se déplacer en "band", avec son air bonhomme et redondant. Il est là pour assurer les lignes de basse avec sa tessiture ronde et plutôt sombre, tout en s'effaçant derrière des instruments plus incisifs. Ce cuivre au son velouté serait-il donc condamné à rester ce gros gabarit que l'on entend sans vraiment l'écouter ?

D'un revers de la manche, François Thuillier balaie cette hypothèse en démontrant que le tuba peut être un instrument de premier plan. Excellent soliste, riche de multiples collaborations, aussi à l'aise avec le jazz (Sclavis, Lubat...)qu'avec la musique contemporaine (Pierre Boulez...), François Thuillier fait ici preuve d'une virtuosité et d'une maîtrise technique exceptionnel, tout en laissant libre cours à ses talents d'improvisateur.

D'ailleurs, ses nombreux clins d'oeil aux divers genres musicaux (funk, musique traditionnelle...), ne sont que l'éclatant reflet d'une insatiable curiosité et d'un désir de créer tous azimuts.
On l'aura compris : ce que recherche François Thuillier ?
c'est "un tuba libre".

Jazz à CLUNY (2005)

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